Le droit, condition de la confiance entre police et population

Cet été, l’Assemblée nationale adoptait avec les voix de la droite, des macronistes et de l’extrême droite, la proposition de loi prévoyant qu’un agent des forces de l’ordre ayant fait usage de son arme est présumé avoir agi dans le cadre légal. Le 20 septembre, des rassemblements groupe réclamaient son retrait.

Nous sommes attachés à la police républicaine. Ses agent·es font un métier difficile et ont droit au soutien de la Nation, à une formation solide et à une vraie sécurité juridique.

Cette présomption ne les protège pas mieux. Elle fait peser la charge de la preuve sur les familles des victimes. Pour la Défenseure des droits elle fragilise le droit à la vie et l’accès au juge. Pour la Commission nationale consultative des droits de l’homme la justice reconnaît déjà très majoritairement la légitime défense des agents poursuivis. 

Absolue nécessité, stricte proportionnalité, contrôle du juge : ces règles fondent la confiance entre police et population. En Seine-Saint-Denis, elle se joue chaque jour. En 2024, la Défenseure des droits constatait que les jeunes hommes perçus comme noirs ou arabes avaient 4 fois plus de risques d’être contrôlés, et 12 fois plus de subir une fouille. En 2025, la Cour européenne des droits de l’homme a condamné la France pour un contrôle au faciès. Regarder le racisme en face n’affaiblit pas la police : cela protège les agent·es qui font leur métier avec rigueur.

Les libertés publiques sont la condition de la sécurité de toutes et de tous. Une police respectée est une police dont les actes peuvent être examinés par un juge et aux relations avec la population apaisées.

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